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Abdellatif Zaghnoun : «Il est hors de question que l’on réduise nos investissements.»

12/2017 • InterviewCommentaires fermés sur Abdellatif Zaghnoun : «Il est hors de question que l’on réduise nos investissements.»0

Que vous évoque la victoire des Lions de l’Atlas?

Une fierté, une joie, un moment fort que nous attendions depuis une vingtaine d’années. Reste l’étape suivante, c’est-à-dire la Russie. Nous espérerons que notre onze nationale continuera sur sa lancée et honorera sa participation d’un excellent parcours en coupe du monde.

En parlant de parcours, deux ans après votre nomination à la tête de la CDG, vous déclinez une nouvelle stratégie pour la Caisse. Quel est son ADN?

Notre mission d’origine consiste à mobiliser l’épargne réglementaire, la gérer efficacement afin de la pérenniser. Au fil du temps, cette mission a évolué puisque nos ressources sont investies dans les grands projets structurants du royaume. Nous sommes donc devant une équation à plusieurs variables qu’il nous faut veiller à équilibrer. Si l’on veut gérer nos dépôts, les rémunérer, les pérenniser, et en même temps les investir dans des projets au long cours, il nous faut régulièrement questionner notre modèle pour faire en sorte qu’il réponde aux enjeux économiques du Maroc et à leur mutation.

Quels sont ces enjeux?

Ils sont au nombre de trois. Primo : le modèle économique du royaume est appelée à créer davantage de valeur et d’emploi. D’ou l’accent mis sur l’optimisation des facteurs de productivité. Aujourd’hui, la CDG se recentre sur des métiers à forte valeur ajoutée, notamment les EnR, les NTIC, l’agro-industrie et la logistique. Le deuxième enjeu concerne la transition énergétique. Nous comptons accompagner l’engagement du royaume en matière d’énergie renouvelable à l’horizon 2030, en intégrant la dimension climat dans tous nos projets. Enfin, le troisième enjeu concerne la régionalisation avancée. Les régions sont désormais dotées de prérogatives et de moyens importants et doivent mettre en place des plans de développement stratégiques capables de les transformer économiquement. Nous estimons que la CDG peut apporter un soutien sur le plan de l’expertise et de l’expérience. Nous pouvons aussi contribuer sur le plan de la formation et du renforcement des capacités de ces régions qui doivent mettre en place des structures, du type SDL, à même de porter les futurs projets qu’elles accueilleront

En matière de transition énergetique, quel type de soutien allez-vous apporter aux énergies renouvelables?

Il s’agira d’investir dans les énergies renouvelables en tant que financeur minoritaire. C’est un type d’investissement qui est parfaitement compatible avec notre profil puisqu’il s’articule sur des horizons longs. Nous avons signé un partenariat avec l’AMEE et l’ONEE pour créer une société de services énergétiques qui s’intitulera l’ESCO (Energy Service Company), dont la mission sera d’accélérer la réalisation des objectifs fixés en matière d’efficacité énergétique (Ndlr: Le Maroc s’est fixé un objectif de 12% à l’horizon 2020 et de 15% en 2030). L’ONEE contribuera à ce partenariat en vertu de sa connaissance du métier, l’AMEE en portera la stratégie et la CDG mobilisera les financements nécessaires.

Avec quel pipe de projets?

D’abord, l’optimisation de la facture énergétique à travers un meilleur contrôle de la consommation d’énergie dans les bâtiments publics: écoles, universités, hôpitaux, dispensaires, complexes sportifs, établissements pénitentiaires etc. Deuxième volet: l’éclairage public. Les dépenses à ce niveau-là représentent plus de 60% des budgets de fonctionnement des collectivités territoriales. Avec ces deux axes seulement, nous pouvons accomplir de grands pas dans la réduction de la facture énergétique…

Vous pouvez lire la suite de l’entretien dans le numéro 209 d’Economie & Entreprises actuellement en kiosque.

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