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EconomieLes banques face à la montée du risque
   
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> Une phase curative
  Enquête
> Qui financera les grands projets?
> L’Etat et le Fonds Hassan II manquent d’argent
> Les banques mises à rude épreuve
  Economie
> Les fonds touristiques se sont multipliés au Maroc. Mais ils sont de petite taille et manquent de financement. Pour optimiser leur action et pouvoir se recentrer sur leur métier de base, ils sont appelés à se regrouper.
> Coup de pouce diplomatique!
> La relance à nouveau !
> Les marinas, un business en essor
> L’agrégation, un choix controversé
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> Le Technopark se régionalise
> Une libéralisation inachevée
> Nouvelle offensive de Finatech
> A quand les parcs logistiques?
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> L’AMO, cinq ans après...
> La nécessité d’une réforme
> Un système à double vitesse
 
En dépit du contexte de crise, les patrons des banques marocaines ont toujours défendu la solidité financière de leurs structures et la profonde maîtrise des niveaux de risques à tous les niveaux de leurs activités. Pour justifier leurs propos, ils se basent sur leurs performances commerciales qui ne cessent de croître et leur expansion à l’international.
Cette communication, qui excluait à chaque fois les effets de la crise, a connu un tournant lors de la présentation des résultats du premier semestre 2009. Les chiffres montrent à plusieurs niveaux le degré de contamination par les conséquences de la crise internationale. Ces impacts n’ont fait que croître tout au long de ce second semestre 2009. Plusieurs indicateurs soutiennent ce constat.
Si l’on revient à la présentation des résultats semestriels, en ne retenant que deux exemples, Attijariwafa Bank et BMCE Bank, les impacts de la crise sont on ne peut plus clairs. En effet, le bras financier du groupe ONA, annonce une augmentation du niveau de ses créances en souffrance de l’ordre de 1,7%, soit un cumul de 4 milliards de dirhams. Une tendance qui a poussé le groupe à engager une augmentation du provisionnement de l’ordre de 4,5%, portant le total des provisions comptabilisées à 3,86 milliards de dirhams. Dans ce contexte, le groupe bancaire affiche un taux de contentialité de 3,02% et un taux de risque de 0,39%. Des baisses, certes légères, ont été constatées également au niveau des marges sur commission et sur intérêt. Le directeur général de la banque, Ismail Douiri, a clairement indiqué que celles-ci sont liées à la réduction des opérations commerciales de la banque.
Le cas BMCE bank est encore plus saillant. En effet, les dotations de provisions nettes de reprises sont passées de 58,7 à 222,7 millions de dirhams. La résultante logique de cette tendance est une augmentation du stock de provision de la banque qui a augmenté de 9,8% à 2,3 milliards de dirhams. Le portefeuille des créances en souffrance ressort ainsi à 3 milliards de dirhams, avec un taux de couverture de 76,5%. L’augmentation du niveau de risque chez les banques du groupe Financecom a conduit à une baisse du résultat net de 3,4%, s’élevant à 453 millions de dirhams.
Le provisionnement augmente
Ce constat est loin d’être limité aux deux exemples cités. «L’ensemble des banques de la place ont augmenté sensiblement le niveau de leur provisionnement», nous confie un analyste financier. Néanmoins, il est difficile de faire ressortir le niveau de progression de ces provisions pour l’ensemble des institutions de la place.
Cette augmentation du provisionnement rime avec une autre tendance haussière, cette fois-ci plus alarmante. Il s’agit de celle des créances en souffrance du système bancaire qui, depuis juin dernier, cumulent les hausses. Après une augmentation limitée à moins de 200 millions de dirhams en juin dernier, elles sont passées à 280 millions de dirhams en août et à 428 millions de dirhams en septembre, selon les derniers chiffres du ministère des Finances, parus le 21 novembre. Cette série de hausses n’a pas encore contrebalancé la baisse enregistrée durant les six premiers mois de l’année. Le stock des créances en souffrance à fin septembre est toujours en baisse de 1,9% par rapport à la même période de 2008. En valeur, la baisse se limite à 580 millions de dirhams par rapport au stock de septembre. Le stock de créances en souffrance ressort ainsi à 30 milliards de dirhams à fin septembre dernier. Des sources bancaires estiment les ardoises, qui sont actuellement gérées par les banques de la place, entre 8 et 10 milliards de dirhams. «Mais personne ne peut préciser la part directement liée aux conséquences de la crise», note le Senior Banker, Mustapha Melgou. Au regard de ces chiffres, on comprend parfaitement l’origine de l’augmentation des provisions. Légalement, il existe trois niveaux de provisionnement. Le premier se limite à 20% de la créance douteuse en cas de cessation de paiement. Ce montant passe en cas de redressement judiciaire à 50%. La créance n’est provisionnée en totalité que si l’emprunteur fait l’objet d’une liquidation judiciaire. «Mais rien n’empêche la banque de constater en interne des niveaux de provisionnement supérieurs aux taux légaux, si elle estime que le risque est plus élevé. Il m’arrive de conseiller de provisionner des créances à 100%, même si l’obligation réglementaire n’est pas encore intervenue», explique Mohamed Lahyani, expert comptable et commissaire aux comptes. De ce fait, le montant de provisionnement déclaré peut ne pas correspondre au montant réel de provisionnement et par conséquent au niveau réel de risque que les banquiers évaluent eux-mêmes. Ces niveaux de provisionnement et de créances en souffrance sont enregistrés avant l’éclatement de l’affaire Legler Maroc. Laquelle risque donc de faire basculer le stock de créances en souffrance vers la hausse.
Les signes d’une pandémie
Les conséquences de l’augmentation du niveau de risque ne se limitent pas à la banque qui le supporte. Elles s’étendent en effet à l’ensemble du système bancaire. Les modes de contamination sont variées. A commencer par «le marché interbancaire où les liquidités se réduisent, en raison de l’augmentation des fonds propres mobilisés pour prévenir le risque», précise Melgou. La clientèle en souffre aussi car les modalités de crédits deviennent de plus en plus compliquées. Un niveau de risque élevé ne permet pas à la banque de saisir aussi facilement les opportunités commerciales intéressantes.
Le bilan de la dégradation des risques bancaires étant dressé, reste à savoir quels sont les secteurs qui sont à l’origine de cette tendance alarmante. Il est vrai que les industries exportatrices, avec à leur tête le textile, sont de grands contributeurs à cette tendance. Néanmoins, les experts contactés sont unanimes à dire que c’est l’immobilier qui génère les plus d’ardoises pour les banques de la place. L’hémorragie n’est pas prête de s’estomper au sein de ces deux secteurs. Car les tracas financiers ne font que commencer pour bon nombre de leurs opérateurs.
  Moncef Laraïchi
 
 
 
 
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