Pour annoncer sa nouvelle politique commerciale au Maroc, le Club Med a opté pour un lieu de plaisance: son bateau de croisière, le Club Med2. Récemment rénové, le célèbre voilier du groupe a abrité la conférence de présentation de l’accord conclu entre le Club et Atlas Voyages. L’accord qui a été signé début juillet 2009 ambitionne de «développer et valoriser les activités réciproques sur le marché marocain», relève Vincent Brotons, le directeur de Club Med Maroc et Sénégal. En ces temps difficiles, la survie des circuits touristiques passe inévitablement par des partenariats avec les différents maillons de la chaîne de la profession. Ce n’est toutefois pas la première fois que le club cherche à se rapprocher d’un voyagiste marocain. «Une première tentative avec le groupa FST (Four Seasons Travel) a malheureusement échoué», confie Brotons.
Depuis 2004, le club Med a pris la décision de monter en gamme pour des raisons économiques (augmentation des prestations et des activités) et pour répondre aux attentes de la clientèle. Cette montée en gamme de Club Med a suscité beaucoup de modification dans sa stratégie de développement. Analysant les résultats financiers du groupe pour l’exercice 2008, Henri Giscard d’Estaing, le président directeur général du Club, avait déclaré que «les priorités pour 2009 étaient d’une part, gagner des parts de marchés grâce aux atouts du positionnement stratégique du Club Med sur le haut de gamme. Et d’autre part, renforcer sa position notamment sur les marchés relais de croissance». La clientèle haute gamme représente 656 000 personnes, soit 48% de l’ensemble de la clientèle du Club Med. Le groupe avait annoncé également la mise en place de mesures de resserrement sur les structures qui portent sur les dépenses marketing et commerciales, la simplification des organisations et une optimisation des achats, pour un montant de l’ordre de 31 millions d’euros en 2009.
Un partenariat win win
Derrière cela, les difficultés financières du groupe. Fin 2008, Club Med international a réalisé un petit gain de 2 millions d’euros, rompant ainsi avec le déficit de 8 millions d’euros enregistré en 2007. La crise dans le tourisme et les pertes boursières ont gagné même l’actionnariat du Club et la CDG qui y détient 10%. Une polémique s’est ainsi déclenchée sur l’intention de la Caisse de maintenir ou non ses ambitions de monter dans le capital. Ce qui est sûr, c’est qu’elle figure en bonne place dans les projets du Club qui parle de nouvelles opportunités de partenariat. «Nous envisageons avec la CDG d’ouvrir des villages au Maroc», assure le directeur du Club, sans donner plus de détails.
Le Club veut donc faire du Maroc un marché stratégique. D’où le partenariat avec Atlas voyage, d’une durée d’un an. Ce partenariat porte sur deux volets, le secteur loisirs et le secteur des voyages et tourisme d’affaires. Pour le premier volet, il s’agit de développer des ventes de Club Med à travers le réseau Atlas Voyage. Il sera accompagné par des actions communes de Marketing, de formation et d’animation commerciale. La réservation sera possible sur les clubs Med au Maroc mais aussi partout dans le monde. Mais le plus important dans ce partenariat, c’est la possibilité pour la clientèle marocaine de faire la réservation à travers Atlas Voyage et surtout de payer en dirhams, en profitant de la dotation en devises dont dispose le voyagiste marocain. Une manière de dépasser l’image du club, peu attractive pour la clientèle marocaine. En effet, on reprochait souvent au Club de considérer les Marocains comme une clientèle non stratégique, et que les ouvertures du club au Maroc répondaient uniquement à la règle de l’offre et de la demande sur le Maroc. C’est ainsi que l’offre de club Med pour la clientèle marocaine se fera sur la base d’une programmation de périodes définies grâce à l’expérience du voyagiste marocain. Dans le secteur des voyages et du tourisme d’affaires, les deux partenaires ambitionnent de commercialiser une offre spécifique «club Med Business» sur 23 villages du Club.
Une campagne internationale
Mais au-delà, Atlas Voyages fera la publicité de tous les villages du Club dans le monde. Une première campagne de publicité se fera en novembre et décembre 2009 et une deuxième entre février et mai 2010. L’estimation de ces deux campagnes est de 20 millions de dirhams.
Il est à rappeler qu’en mars dernier, Atlas Voyage s’était lié à travers un partenariat de deux ans à Hogg Robinson Group (HRG) pour sa division Voyages d’affaires dans l’optique de développement de nouvelles activités et la promotion de ce type de tourisme. Ce partenariat permettra donc à Club Med de bénéficier de la clientèle HRG et ce dernier pourra réciproquement bénéficier du statut de «client privilégié». Les deux partenaires programment même l’acquisition d’une agence dédiée uniquement au produit Club Med.
Le management se penche également sur la façon d’associer les villages Smir et Yasmina au Nord du royaume à la montée en gamme du Club, en parallèle avec le développement de la région nord. Mais ce projet devra attendre car Club Med, dans le contexte actuel du secteur touristique, a procédé à des ajustements dans sa stratégie en 2009. En premier lieu, la limitation des investissements à 50 millions d’euros au lieu des 90 millions envisagés en juin 2008. Ceci en décalant deux projets de montée de gamme. Dans un contexte difficile, Club Med tente de réajuster ses priorités.