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EnquêteVers une filialisation des métiers
   
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Ali Fassi Fihri est on ne peut plus clair sur la future fusion entre l’ONE et l’ONEP. «Le rapprochement se fera, dans un premier temps, sur le volet juridique et institutionnel. Et, au fur et à mesure, la fusion se répercutera sur les fonctions supports et commerciales… Mais, les opérateurs resteront autonomes jusqu’à l’élaboration d’un statut commun», a-t-il expliqué aux cadres syndicaux de l’ONE et de l’ONEP, lors d’une réunion tenue le mois dernier. Mais, que fera-t-on de l’ONEE, une fois ce projet de fusion bouclé?

Le chemin vers la privatisation
L’éventualité d’une privatisation est présente en force dans le raisonnement. A l’instar du modèle italien, très avancé dans le domaine. En effet, les deux plus grandes structures multiservices de l’Italie, l’Enel et l’Acea, ont au départ été des compagnies publiques gérant uniquement l’électricité. La seconde étape a été d’intégrer, dans leur périmètre d’action, la gestion de l’eau et de l’assainissement. Une fois l’intégration réussie, l’ultime étape a été de les muter du modèle de la compagnie municipale vers un statut de compagnie privée. «Un cheminement tout à fait logique dans une Europe libéralisée, où le consommateur a le choix entre plusieurs opérateurs multiservices», assure Omar Benaïni, consultant à LMS-ORH Consulting. Rien n’empêche le futur ONEE de suivre les pas des compagnies italiennes. Surtout que le projet de transformer l’ONE en Société Anonyme date de plusieurs années. Il n’a jamais pu se concrétiser, à cause de la forte opposition des syndicats et des problèmes financiers. Obstacle, qui reste d’ailleurs d’actualité. En tout cas, la volonté de la création d’un pôle public fort, avec une incontestable expertise métier, est clairement annoncée. Ce champion national sera en mesure de tenir tête aux mastodontes internationaux, dans l’optique d’une libéralisation totale et réelle du marché.

La séparation des métiers
Que l’ONEE soit public ou privé, le mode de gouvernance, qu’il adoptera, attise la curiosité. Quel est le modèle qui permettra au nouvel office de respecter les spécificités de chaque flux, tout en créant de la valeur ajoutée, à travers des synergies effectives? «Je pense qu’il y aura une séparation des métiers de production, transport et distribution, qui permettra à ce nouvel office de connaître le coût de chaque phase», avance Mohammed Kadiri, gouverneur directeur des régies et services concédés. Le modèle émirati, à travers DEWA, est intéressant à analyser. En effet, il opère une séparation des métiers, qui dépassent les trois cités ci-dessus. Ainsi, l’organigramme compte dix directions différentes, à savoir : la production de l’eau et de l’électricité, le transport de l’énergie, la distribution de l’énergie, projets& engineering, services clientèle, ressources humaines, technologie de l’information, business supports… en sus des cinq directions supports, que sont la direction financière, la direction de l’audit interne, la direction des affaires juridiques, la direction du business développement et de la régulation et enfin, les conseillers techniques.
Il s’agit d’une gouvernance tentaculaire, qui risque d’encombrer le nouvel organisme plutôt que de l’alléger.
Ainsi, une séparation par flux serait plus intéressante. «C’est notamment le cas pour les utilities italiennes. Les gestions de l’eau et de l’électricité sont totalement séparées et assurées par des directions indépendantes, de sorte que les fonctions mutualisées soient limitées: fonctions support, call center (CRM)…», explique Thomas Petitet, manager Energy & Utilities au cabinet Sia Conseil. Dans ce schéma, on peut favoriser soit le modèle de directions sous la houlette de l’office, soit le modèle de filialisation par flux, dans le cadre d’un holding.

Le holding, un bon modèle
Tout laisse à penser que le projet s’achemine vers la création d’un holding. Toute la différence est, qu’à ce niveau-là, la filialisation se fait par métier et non par flux. «La meilleure organisation possible serait un holding type CDG ou ONA, avec beaucoup de filiales organisées en pôles métiers», explique un expert en management (voir illustration). Dans ce schéma, il y aura au minimum quatre pôles métiers nécessaires, qui représentent la base de cette activité.
Il y aura un pôle production, un pôle transport, un pôle distribution et enfin, un pôle activités internationales pour les implantations africaines des deux offices. Bien évidemment, les métiers de supports, comme le contrôle de gestion ou encore les finances, seront au niveau central.
Il en ressort que le modèle de holding, avec des filiales de métiers, reste le plus adéquat, vu la situation actuelle des deux offices. Ce n’est qu’une fois ce travail effectué, que le véritable changement espéré de cette fusion se produira. Bien assaini et bien filialisé, le futur ONEE sera ce champion national, qui aura une force de négociation face aux opérateurs étrangers. Il pèsera alors de tout son poids, pour réduire les marges de rentabilité que beaucoup d’investisseurs ont fait dans le secteur de l’eau et de l’électricité, profitant de la multiplicité des intervenants et parfois de leur faiblesse. Désormais, l’ONEE deviendra lui-même leur concurrent. C’est une nouvelle ère qui démarre.

 
 
 
 
 
  Edito
La folie des grandeurs
Voici une leçon qu’il faudra bien méditer et qui tombe à point pour un Maroc engagé dans la modernisation de ses infrastructures. La Coupe du monde de foot qui a lieu en Afrique du Sud ne serait pas ce succès commercial souhaité. Le pays de Nelson Mandela s’est vraisemblablement laissé entraîner par la folie des grandeurs, en construisant des stades gigantesques, trop grands pour pouvoir les rentabiliser après le mondial, en plus d’un TGV dont l’impact économique est sérieusement mis en doute...
Nadia Lamlili
 
 
 
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