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EconomieLa guerre des tarifs a commencé
   
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> La nécessité d’une réforme
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Comment réagira le marché à l’entrée de Wana sur le segment GSM ? C’est la question que se posent actuellement analystes et professionnels du secteur des télécoms. Normal, si l’on sait que c’est au niveau de ce segment que les opérateurs génèrent énormément de cash et s’offrent des marges de bénéfices assez confortables. C’est grâce notamment à la téléphonie mobile que l’opérateur historique, Maroc Telecom, tire ses résultats vers le haut, tandis que Méditel est pratiquement un opérateur exclusivement mobile.
Ainsi, l’avènement d’un troisième opérateur impactera certainement sur leur marge de rentabilité. Et ce ne sont pas les déclarations récentes de Frédéric Debord, directeur général de Wana, qui les apaiseraient. Le responsable de la filiale de l’ONA a promis une agressivité au niveau des tarifs et des baisses allant jusqu’à 30%. Annoncé pour les jours qui viennent (courant février), le lancement du GSM Wana est donc un événement en soi. Valeur aujourd’hui, les deux autres opérateurs, Méditel et Maroc Telecom, retiennent leur souffle et leurs équipes ont déjà échafaudé les scénarios possibles et les parades à mettre en place. La vraie-fausse rumeur, quant au mode de tarification que choisira Wana, en circulation depuis fin décembre dernier, ajoute aussi du mordant à cette affaire. Car, de l’avis de plusieurs experts, la tarification à la seconde, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, si elle fait son entrée via Wana, chamboulera certainement le marché. Rappelons-le, le marché de la téléphonie mobile vit depuis dix ans selon le principe de la minute indivisible puis par pallier de seconde.


Agressivité sur les tarifs
Approchés, les responsables de Wana n’ont pas voulu décliner la stratégie de déploiement de leur offre GSM. Secret industriel oblige. Quant à la facturation à la seconde, un refrain revient tel une litanie: «on ne peut ni confirmer ni infirmer cette information», explique-t-on. En coulisse, une source interne à Wana déclare que, théoriquement, la facturation à la seconde ne poserait aucun problème technique à l’opérateur. «Valeur aujourd’hui, rien n’empêcherait le lancement de la tarification à la seconde», indique notre source, sous couvert de l’anonymat. Auprès du régulateur du marché, l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT), on nous signifie ne pas encore avoir reçu de demande de la part de Wana pour lancer la tarification à la seconde. Les plans tarifaires sont obligatoirement validés par l’opérateur. «Payer à la seconde est un choix stratégique qui impacterait sensiblement la configuration du marché et partant, la rentabilité des autres opérateurs», indique un expert télécoms, convaincu que c’est avec l’entrée en jeu de Wana que les tarifs GSM baisseront réellement au Maroc. Un avis partagé par plusieurs observateurs. Officiellement, que ce soit du côté d’IAM ou de Méditel, on refuse de commenter ouvertement l’avènement de Wana sur le GSM. «Pas de commentaires, tant que l’offre n’a pas encore été dévoilée», nous dit-on. Officieusement, on minimise l’impact immédiat de l’offre GSM du nouveau concurrent, prétextant que même Wana joue gros, au cas où il adopte la tarification à la seconde. Le troisième opérateur, qui fait déjà face à de gros problèmes de trésorerie, risque d’y perdre les dents. En tout cas, quel que soit le montage de l’offre GSM Wana, les autres opérateurs seront obligés de suivre pour sauvegarder leur clientèle. Maroc Telecom a, dès décembre dernier, réagi en reliftant son offre Jawal. Des sources proches de l’opérateur historique avancent que ce dernier projette également de lancer des baisses sensibles sur le segment Entreprise, ainsi que le Post-payé destiné aux particuliers. Quant à Méditel, sa stratégie de riposte est toujours gardée sous scellé, sachant qu’il est le plus exposé à la concurrence de Wana. Son parc de clients est, en effet, composé à 90% d’abonnés pré-payés. Autant dire des clients «frivoles» qui risquent de basculer aisément vers un autre opérateur.


Post-payé : un filon sous-exploité
En se lançant sur le segment GSM, Wana pourra désormais diversifier ses offres et prendre des parts sur un marché potentiel, équivalent à 20% de la population (le taux de pénétration actuelle avoisine les 80%). A moins d’une année (licence octroyée en février 2009), l’opérateur a mis les bouchées doubles pour lancer et déployer l’infrastructure nécessaire pour exploiter la technologie 2G. Aussi, il s’est offert les services du chinois Huawei, qui s’est chargé de l’installation des infrastructures (radio et cœur de réseau). L’opérateur, filiale de l’ONA, devrait parier sur un réseau GSM de qualité, pour se différencier de ses concurrents.
Selon des experts, le top management de Wana devrait ainsi éviter les erreurs de lancement de Méditel en 1999. A l’époque, passé l’effet d’annonce, les clients de Méditel ont longtemps pâti des problèmes de réseau de l’opérateur. Son concurrent direct, IAM, a su bien profiter de ces «problèmes», jugés normaux pour tout lancement, à l’époque, pour récupérer les «clients mécontents». Mais d’après les premières informations qui filtrent, c’est au niveau du «post-payé» que Wana renforcerait son positionnement. Jugé économiquement viable, le post-payé reste sous-exploité au Maroc, en raison de la cherté des tarifs. A fin septembre 2009, le parc des abonnés télécoms au Maroc ne dépasse guère les 987.000 clients, avec une évolution de 12% durant l’année écoulée. Tandis que le parc du pré-payé dépasse les 24 millions d’abonnés. D’après plusieurs témoignages recueillis auprès d’experts, le pari qu’aurait pris Wana serait de convaincre les clients du pré-payé de basculer vers le post-payé, moyennant des tarifs très compétitifs. Sans oublier les offres mixtes: fixe-GSM pour ses clients Bayn (téléphonie restreinte). Après l’«échec stratégique» de la téléphonie CDMA, reconnu par la direction générale de Wana, ce dernier joue gros avec sa future offre. Tout échec lui serait fatal.

  Par Youssef Boufous et Sanaa Raqui
 
 
 
 
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