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EntreprisesAbed Yacoubi Soussane, l’homme de l’ombre
   
 Sommaire
  Edito
> La folie des grandeurs
  Point de vue
> Une phase curative
  Enquête
> Qui financera les grands projets?
> L’Etat et le Fonds Hassan II manquent d’argent
> Les banques mises à rude épreuve
  Economie
> Les fonds touristiques se sont multipliés au Maroc. Mais ils sont de petite taille et manquent de financement. Pour optimiser leur action et pouvoir se recentrer sur leur métier de base, ils sont appelés à se regrouper.
> Coup de pouce diplomatique!
> La relance à nouveau !
> Les marinas, un business en essor
> L’agrégation, un choix controversé
  Entreprises
> L’OCP «Market maker»
> Le Technopark se régionalise
> Une libéralisation inachevée
> Nouvelle offensive de Finatech
> A quand les parcs logistiques?
  Dossier
> L’AMO, cinq ans après...
> La nécessité d’une réforme
> Un système à double vitesse
 
Yacoubi Soussane est une énigme dans la scène économique. Celui qui a régné en maître sur la MAMDA, durant 42 ans, vient de céder le relais à un professionnel de l’audit et du conseil: Hicham Belmrah, associé du cabinet Ernest&Young. Ce dernier a été nommé président du directoire de la MAMDA. Quant à Yacoubi Soussane, il a hérité d’un poste «honorifique»: président du conseil de surveillance.
Une promotion? Une mise au placard? Plutôt le deuxième scénario. A 72 ans, l’homme a fait 18 gouvernements: de celui de Mohamed Benhima à Abbes El Fassi. «A chaque fois que je le voyais, je me demandais toujours pourquoi il est resté à cette mutuelle tout ce temps», s’interroge un ancien ministre des Finances.
Une question qui intrigue toute la place économique et qui a même poussé plusieurs grandes pontes vouloir le chasser de son poste stratégique. En vain.
L’homme s’est révélé être imbattable, grâce à son historique, relatif au dossier sensible des terres agricoles récupérées. En débarquant à la MAMDA, en 1968, après un bref passage à la SOGETA, Yacoubi Soussane avait trouvé une mutuelle à deux doigts de la faillite, suite du départ des colons.
Le culte de la personnalité
Il sera alors assimilé à un sauveur. C’est à partir de là que cet ingénieur agronome forgera un énorme pouvoir, aidé en cela par une discrétion légendaire et un culte de la personnalité.
Courtois et doté d’une grande culture, Yacoubi Soussane cherchait toujours le consensus et arrivait à s’adapter à toutes les situations. Au sein de son conseil d’administration, il s’était entouré de grands agriculteurs, tels que Brahim Zniber et Mohamed Fdili, qui sont d’ailleurs toujours à ses côtés. Il bénéficiait aussi du soutien des syndicats de l’enseignement qui siègent dans sa filiale MCMA (filiale chargée des activités non agricoles). «Un conseil archaïque avec qui j’avais du mal à communiquer car il était déconnecté de la gestion moderne», témoigne un ancien membre du conseil d’administration.
Mon ami Alami…
Plus tard, dans les années 70, son amitié avec Abdelaziz Alami, ancien PDG de la BCM, lui ouvrira les portes de l’ascension. Il partageait avec lui la fibre socialiste. Ancien président de l’UNEM-Paris, Yacoubi Soussane a trouvé en Alami, qui était un ami de Feu Omar Benjelloun, un mentor.
La MAMDA entrera à la BCM, puis dans les tours de table stratégiques: ONA, SNI, BMCE… s’invitant ainsi dans la stratégie des grandes institutions de notre pays. Il accompagnera toutes les politiques économiques nationales. Plus récemment, la MAMDA jouera un rôle financier crucial dans les stations du Plan Azur, sans parler de la multitude des fonds d’investissement où elle siège.
Tout le monde sollicitait cette mutuelle car elle plaçait son argent à bas prix. Un investisseur riche et pas trop exigeant. «Yacoubi Soussane aurait pu faire plus de bénéfices et devenir aussi gros que la CDG», remarque un ancien membre du conseil d’administration.
Dotée de 20 milliards de dirhams d’actifs, la MAMDA-MCMA est le plus grand établissement de prévoyance sociale dans le royaume. En 2008, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 1 milliard de dirhams et un résultat net consolidé de 400 millions de dirhams. Ses fonds propres s’élevaient à 6 milliards de dirhams. Les performances de la mutuelle auraient pu être plus importantes, si elle avait cherché à les fructifier. Mais en fait, elle était pénalisée par un vide juridique. Aucune loi ne réglementait ses statuts, et ce depuis sa création en 1968. Ce n’est que récemment que cet organisme s’est conformé au code des Assurances et qu’il a donc réformé ses instances de gouvernance pour avoir un directoire et un conseil de surveillance.
Maintenant que Yacoubi Soussane n’est plus dans la gestion opérationnelle de la MAMDA, il pourra se consacrer à ses affaires, fructifiées dans l’acconage maritime, l’immobilier et l’agriculture.
Mais a-t-il dit son dernier mot? En 1999, il avait annoncé son départ de la MAMDA et aurait même empoché sa prime.
Mais, par un jeu de circonstances, il est revenu sur sa décision et réintégré sa fonction, s’attirant les critiques de la presse de l’époque. Son retour ne sera jamais expliqué, rajoutant aux multiples zones d’ombre qui entourent la carrière de cet homme.
  Par Nadia Lamlili
 
 
 
 
  Edito
Amnistie fiscale
Le Maroc se trouve face à un défi historique avec la crise de liquidité. Comment va-t-il mobiliser les fonds, nécessaires à la continuité de son développement et… au plus vite ?...
Nadia Lamlili
 
 
 
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