La valeur Involys a gagné plus de 58% en 2009. Il s’agit, en effet, de l’une des meilleures évolutions de cours durant l’année écoulée. Les échanges, ayant porté sur les actions Involys en Bourse, à fin 2009, ont généré un volume global de 53,65 millions de dirhams pour 167.275 titres ayant changé de main. En fait, la courbe du cours est restée sur un léger trend haussier durant les 9 premier mois de l’année. Puis, lors du dernier trimestre, la valeur a connu un bond significatif, gagnant plus de 42% entre les séances du 29 octobre et du 10 novembre derniers. La performance, que réalise le spécialiste en ingénierie informatique, électronique et télécoms, est à l’image des autres valeurs technologiques et semble bien tirer profit de la dynamique du secteur en Bourse.
Les TIC ont la cote
En effet, «l’évolution a touché les TIC de manière générale. Le regain d’intérêt pour les petites capitalisations s’explique par la révision des stratégies d’investissement des boursicoteurs», explique Bachir Rachdi, président directeur général d’Involys. Il ajoute que cela est survenu, suite à la crise.
En effet, celle-ci a largement modéré la dynamique spéculative des grosses capitalisations, qui caractérisait la Bourse de Casa. Ainsi, l’on mise plus sur le moyen terme. Et les valeurs technologiques recèlent un énorme potentiel, à travers une meilleure visibilité de la stratégie gouvernementale au profit des investisseurs, consolidée dans le cadre du programme Maroc Numéric 2013. Malgré tout, le management reste insatisfait des performances du cours.
Et pour cause: «Globalement, le cours ne représente pas les fondamentaux de la société. Il est vrai que le résultat net est en décalage avec nos réalisations commerciales. Mais il faut savoir que nous n’avons pas de dettes et nos capitaux propres sont largement supérieurs à la valorisation», se défend le président directeur général.
2009, une année moyenne
En effet, les résultats semestriels ne sont pas reluisants. La société a vu son déficit s’aggraver, passant de -0,7 à -1,1 millions de dirhams d’une année à l’autre. Du côté du chiffre d’affaires, Involys a, dans le cadre du processus d’informatisation des administrations publiques, tiré profit de l’intensification de la demande étatique, boostant ainsi ses revenus semestriels de 11%. «Historiquement, nous avons eu un premier semestre moins bon. Ce n’est pas une exception», rassure Bachir Rachdi. Les cycles non linéaires et la nature du carnet de commandes des clients font que leurs décisions d’investissement n’interviennent qu’en fin d’année, voire en décembre, nous explique t-on auprès d’Involys. D’un point de vue global, «2009 est une année moyenne qui se termine avec des signatures de contrats de grande envergure notamment avec le ministère de l’Education Nationale», ajoute-t-on. Autre point que le management tient à signaler: Involys, à travers le déploiement de ses solutions d’optimisation des dépenses et du patrimoine, gère dans l’administration publique plus de 65% du budget de l’Etat, dans le cadre du projet de la Gestion Intégrée de la Dépense (GID) entamé avec la Trésorerie générale. Il s’agit d’un projet qui devait entrer, au plus tard en 2008, dans la phase de consolidation. Mais, cela ne s’est pas réalisé, selon le management de la société. Il y a eu un changement de choix stratégique, le gouvernement ayant pris une option différente, que le management d’Involys qualifie d’ailleurs d’erronée. En effet, les responsables du projet ont choisi de confier la suite du projet à des équipes internes, bien qu’ Involys ait remporté plus de 90% des appels d’offre pour le déploiement d’une stratégie consolidée. Le marché s’estimait à 120 millions de dirhams. «Suite à ce revirement, il y a eu des répercussions négatives sur notre activité lors des deux dernières années», se plaint le président directeur général d’involys.
Renforcer les rangs !
S’ajoute à cela, un résultat d’exploitation déficitaire, à cause de la logique de développement et de croissance dans laquelle Involys s’est engagée. Les comptes d’Involys ont été sérieusement impactés par le renforcement des achats consommés de matières et fournitures et par l’augmentation de 15,8% des dotations aux amortissements due aux investissements engagés. Le gros de l’investissement, de l’ordre de 20 millions de dirhams en 2009, a concerné les ressources humaines, afin de consolider les capacités de la société. En effet, l’effectif de l’intégrateur est passé de 72 personnes, l’an dernier, à plus de 120 collaborateurs.
Aussi, l’effort d’investissement a-t-il touché les actions de prospection à l’international pour assurer le contact avec les partenaires et les clients. Une augmentation de capital ne serait –elle pas envisageable pour financer tous ces investissements? «Il n’y a rien de concret. Ce qu’il faut savoir c’est que nous avons une marge financière, qui nous permet de mener à bien tous nos projets, sans avoir recours à une augmentation de capital», affirme Bachir Rachdi.
A la conquête des marchés étrangers
D’ailleurs, l’international constitue, à présent, le cheval de bataille d’Involys, à l’instar des autres acteurs du secteur. Incontestablement, 2008 a été l’année où la dynamique à l’export a connu une euphorie. Du contrat de la gestion du patrimoine ,avec le gouvernement de la Côte d’Ivoire, à la création d’une filiale en Tunisie, Involys Tunis, les affaires vont bon train. Aussi, plusieurs contacts sont entamés en Algérie, Sénégal, Angola…
Toutefois, l’approche directe, qu’a choisie Involys pour son implantation sur le marché africain, n’a pas été adoptée pour le marché européen. Le spécialiste en ingénierie informatique, électronique et télécoms a, en effet, préféré toucher les pays de l’Europe centrale et de l’Est, à travers son partenaire SIVECO. Désormais, le mot d’ordre pour l’année 2010 est de «consolider le marché local et fournir plus d’efforts sur l’international», affirme Bachir Rachdi. L’intégrateur marocain compte porter la part de l’export à 25% du chiffre d’affaires de 2010.
«Nous sommes sur des projets qui atteignent le point de concrétisation. Le premier semestre 2010 sera relativement important, ce qui nous permet d’être sur des perspectives de croissance intéressantes», rassure le management. Comme beaucoup de groupes marocains, Involys part à la conquête de l’international