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Aux origines de la Bourse de Casablanca

05/2018 • EnquetesCommentaires fermés sur Aux origines de la Bourse de Casablanca0

La première Bourse du royaume, née quelques semaines après la grande crise de 1929, a été fondée par les banques coloniales. Flashback.

Place de rencontre entre vendeurs et acheteurs, la première Bourse au monde fut celle des tulipes aux Pays-Bas. Au Maroc, c’est en novembre 1929 que la Bourse a vu le jour, soit un mois après la fameuse crise de Wall Street. Erigée en chambre de compensation par les banques des colons, elle accueillait à l’époque des opérations de vente à tempérament des valeurs à lots (vente à terme de valeurs qui, lors de leur remboursement par tirage au sort, donnent droit au versement de certaines primes) et des valeurs à rembourser par voie de tirage au sort ou encore la négociation de certaines valeurs étrangères. Compte tenu de la nature des titres échangés, le marché n’attirait pas grand monde. Il a fallu attendre la réforme de 1942, première du genre, pour qu’un monopole en faveur de cette institution soit établi, d’après Mohammed Chiguer, ancien directeur des études et de la stratégie à la CDG. Cette réforme a permis la transformation de la chambre de compensation en un Office de cotation dès 1943. Elle apporte dans son sillage une interdiction de toute négociation en dehors de l’office. L’objectif était de capter l’afflux de capitaux découlant de l’expansion économique à l’époque. Sans oublier la volonté de réduire la mainmise des banques sur l’Office par la mise sur pied d’une structure administrative. Résultat, la création d’un secrétariat permanent et le renforcement de l’autorité de tutelle représentée par le directeur des finances, toujours sous Protectorat. Outre la dénomination, la personnalité civile et l’autonomie financière ont été les nouveaux attributs de l’Office des cotations.

Post indépendance
L’indépendance proclamée en 1956, place au mouvement nationaliste. Un nationalisme qui se fait tout de même attendre pour la Bourse. Contacté par EE, Mohammed Chiguer souligne que «le gouvernement d’Abdellah Ibrahim (1959) a évité de réformer la Bourse. Ce n’est qu’en 1965 que le gouvernement de l’époque s’est intéressé à ce marché, en rapport avec la création de la Société Nationale d’Investissement (SNI) par la CDG. Cette deuxième réforme annonçait le tournant pris par le Maroc en faveur d’un certain libéralisme économique. La troisième réforme, qui date du début des années 1990, a consacré ce choix». Ainsi, en vertu de la deuxième réforme, l’Office des cotations devient dès 1967 un établissement public placé sous la tutelle du ministère des Finances par le biais d’un conseil d’administration. Sa gestion est confiée à un directeur général nommé par Dahir.


Retrouver l’intégralité de l’article dans le N°214 d’Economie Entreprises (Mai 2018)

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