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Banques Vs Courtiers, l’éternel combat

12/2016 • DossierCommentaires fermés sur Banques Vs Courtiers, l’éternel combat0

L’ouverture de la bancassurance vers plus de produits pourrait avoir des impacts négatifs sur l’activité des courtiers et agents d’assurance.

Ces résultats probants de l’activité de la bancassurance représentent le reflet des stratégies construites autour de plusieurs atouts dont disposent les banques face aux agents et courtiers d’assurances. Et ceci n’est pas au goût des intermédiaires «traditionnels» qui pointent du doigt une certaine discrimination instituée par la réglementation, qui leur interdit l’extension de leurs activités à travers l’ouverture de points de vente. La force de frappe des banques réside donc dans l’étendue du réseau d’agences qui ne cesse de croître d’année en année. En 2015, leur nombre est passé de 5.670 à 6.000, soit 330 unités de plus qu’en 2014. Alors que le réseau des agents et courtiers ne compte respectivement que 2.064 et 453, ce qui permet au réseau bancaire de monopoliser plus de 77% de l’ensemble des points de ventes sur le territoire national. Un autre point semble déranger ce réseau traditionnel d’assurance. En effet, Khalid Aouzal, président de la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance au Maroc (Fnacam), assure que «la bancassurance pratiquée conformément à la loi ne dérange pas le réseau traditionnel de distribution. Sauf que nous sommes dépassés par les pratiques des banquiers qui proposent à leurs clients de l’assurance dommage sous couvert d’assurance pour compte, mais aussi de l’assurance  multirisque habitation qu’ils n’ont encore pas le droit de commercialiser».

En effet, d’autres opérations d’assurances pourraient lui être confiées au réseau de la bancassurance dans le cadre du projet d’amendement du livre IV de l’assurance. Ce dernier comporte des nouveautés au niveau de la distribution des opérations d’assurances par les banques, à travers la possibilité de distribuer, en plus des assurances de personnes, l’assistance et l’assurance-crédit, la multirisque habitation (MRH) et les assurances liées aux cartes de crédit. Le but de ces amendements est de favoriser une large diffusion de ce type d’assurances et de développer l’assurance nationale. «Mais l’evers du décor réside dans le fait que l’activité des intermédiaires, courtiers et agents d’assurance, va en pâtir indéniablement. Puisque notre secteur pèse 75% des primes émises sur le marché national de l’assurance et il emploie 75% des salariés du secteur», martèle Aouzal. Il faut savoir dans ce sens que le secteur bancaire dispose d’une longueur d’avance, liée au lien affinitaire et de confiance déjà établi entre le banquier et son client, ce qui représente un atout majeur qui joue en faveur de la valorisation, par le réseau bancaire, des produits d’assurance auprès de la clientèle. Et c’est ce qui rend les choses encore plus corsées pour les intermédiaires d’assurance.

Retrouvez l’intégralité de l’information dans la rubrique « Dossier » du numéro du mois de décembre, actuellement en kiosque.

Sanae Raqui

sraqui@sp.ma

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