classe Moyenne

classse moyenne qui es-tu ?

11/2017 • EnquetesCommentaires fermés sur classse moyenne qui es-tu ?0

La notion de classe moyenne est largement utilisée mais reste imprécise. Entre critères statistiques et qualitatifs, son étude est ardue mais nécessaire.

La définition de la classe moyenne n’est pas encore unanime et les outils statistiques et conceptuels ne rassemblent pas encore l’adhésion de tous. Tantôt économique, tantôt statistique, tantôt sociale ou même politique, cette définition diffère au gré des objectifs des uns et des autres.

Politiquement correcte
La définition utilisée par le HCP pour déterminer la classe moyenne est une définition statistique se basant sur la notion du revenu médian lui-même calculé sur la base de la consommation des ménages. Ainsi, les ménages, dont le revenu mensuel se situe entre 0,75 fois le revenu médian (2.800 dirhams) et 2,5 fois le revenu médian (6.736 dirhams) appartiennent à la classe moyenne. En dessous de la borne inférieure, ces ménages sont considérés comme «modestes», et au-dessus de la borne supérieure, ils sont assimilés aux ménages «aisés». Cette définition valide statistiquement mais faisant dans le politiquement correct a été utilisée pour intégrer le maximum de personnes dans la classe moyenne. Ainsi, selon le HCP 53% des Marocains font partie de la classe moyenne. C’est-à-dire que tout couple, même non qualifié et touchant en dessous du Smig peut être considéré comme classe moyenne. L’expérience et les augmentations salariales dues à l’ancienneté peuvent même faire accéder ce couple à la classe aisée à partir de 6.737 dirhams mensuellement. Derrière un vernis de neutralité statistique, le choix d’élever le nombre de ménages appartenant à cette classe est évidement politique, que ce soit pour montrer l’étendue de la classe moyenne au Maroc qui, sous d’autres cieux, serait considérée comme «modeste», ou pour cacher des caractéristiques autres, tels que le niveau d’éducation, les types de besoins exprimés, la nature de la consommation, etc.

Statistiquement valable…
D’autres méthodes statistiques adoptent aussi un seuil de revenus sans vraiment le justifier. Comme c’est le cas du benchmark sur lequel s’est appuyé le mémorandum de la banque mondiale. En effet, l’étude qu’a réalisée le Pew Research Center de 2015 qui adopte le seuil de 10 dollars/jours par ménage de 4 travailleurs est tout aussi critiquable que celle du HCP, car usant aussi du critère du revenu indépendamment de critères qualitatifs. Ainsi, selon le centre, «le seuil de 10 dollars pour le statut de pays à revenus intermédiaires a été favorisé en partie grâce à la preuve provenant de l’Amérique latine. On estime que les ménages au Chili, au Mexique et au Pérou ont moins de 10% de probabilité de tomber dans la pauvreté si leur revenu par habitant est d’au moins 10 dollars par jour», tout en reconnaissant que le terme le plus adéquat n’est pas classe moyenne, mais population a revenu intermédiaire, car la classe moyenne «peut signifier plus que des revenus, que ce soit une éducation universitaire, un travail de col blanc, une sécurité économique, la possession d’un logement ou certaines valeurs sociales et politiques. Cette classe pourrait aussi être un état d’esprit, c’est-à-dire que cela pourrait être une question d’auto-identification». Toutefois, cette étude sur la classe moyenne mondiale donne une base de comparaison au niveau international. Ainsi, concernant l’Afrique, le centre américain affirme que, tout comme le Maroc, les pays du continent «ont enregistré les baisses les plus spectaculaires des taux de pauvreté de 2001 à 2011. Cependant, peu de pays ont connu une augmentation importante de la part des revenus moyens. À l’instar de l’Inde, l’essentiel du mouvement est passé de la pauvreté au statut de pays à faible revenu». Et d’ajouter, « Au Nigéria, l’une des économies les plus dynamiques de la région, la part des pauvres a chuté de 18 points de 2001 à 2011, entraînant une augmentation de 17 points de pourcentage des personnes à faible revenu et une augmentation de seulement 1 point de la population qui pourrait être considéré comme à revenu intermédiaire».

Le qualitatif prime
En l’absence de critères qualitatifs, les statistiques fournies par le HCP concernent plus les populations à revenus intermédiaires et non la classe moyenne. L’étude de la revue Economia sur la classe moyenne marocaine adopte aussi le critère de revenu. Mais justifie le panier de dépense adopté par deux arguments. Un premier économique où «la classe moyenne doit se suffire à elle-même pour vivre et non survivre». Le second est un critère sociologique où «la classe moyenne doit être en mesure d’effectuer une mobilité sociale». Ainsi, sept types de postes de dépenses ont été identifiés avec des montants de dépenses en lien avec des strates de salaires de cadres et de fonctionnaires officiels, ce qui rapproche encore plus les simulations de la réalité d’il y a 10 ans au Maroc, puisque l’étude a été réalisée en grande partie sur la base des chiffres de 2007. 

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