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Corruption: veut-on vraiment en finir?

01/2017 • ActualitésCommentaires fermés sur Corruption: veut-on vraiment en finir?0

La lutte contre la corruption fait couler beaucoup d’encre. Une stratégie nationale a même été mise en place dans ce sens, mais en vain. La volonté politique est-elle cosmétique ?

La corruption est-elle indomptable au Maroc? Poser la réponse c’est y répondre, tant ce phénomène s’est banalisé dans notre pays. Le Maroc ne cesse d’accumuler les points négatifs à ce sujet. Le dernier rapport de Transparency sur la perception de la corruption montre une régression du Maroc en 2015. Moins bien noté par l’organisation, le Royaume perd des places! Il a ainsi obtenu une note de 36, alors qu’elle était de 39 en 2014 et de 37 en 2013 (plus elle est basse plus le pays semble corrompu, plus elle se rapproche de 100 et plus il paraît propre). De ce fait, le Maroc perd huit places au classement mondial, se situant à la 88e place sur 168 pays.

Transparency Maroc y pointe clairement du doigt «l’ensemble de la classe politique responsable de cet échec». Dans le même sens, Fouad Abdelmoumni, secrétaire général de Tansaprency Maroc, interpelle «l’Etat, le gouvernement, les élites partisanes et l’Administration du pays sur l’absence de progrès significatifs dans la résorption de la corruption». Ce dernier regrette clairement l’abandon de plusieurs textes et projets législatifs: «Ni les termes de la Constitution ni les engagements pris dans les programmes électoraux et le programme gouvernemental n’ont été concrétisés, ce qui confirme la faible volonté de lutter contre la corruption», martèle-t-il. Une position intimement partagée par Tarik Sbai, président de l’Instance de protection de biens publics: «Nous avons toujours demandé aux autorités nationales, à travers notre institution, de mettre en place une vraie stratégie de lutte contre la corruption, et surtout qu’il y ait une vraie volonté des pouvoirs publics dans l’application de la loi contre la corruption».

Changement de discours

Le népotisme, le clientélisme et leur corollaire naturel, la corruption, ont été inoculés volontairement dans le système vers la fin des années 70. Depuis, le virus s’est massivement répandu, affligeant le Malade-Maroc d’une pathologie généralisée dont les symptômes sont quasiment incurables.

Cette situation détériorée de la corruption était tout à fait connue et la dégradation qui s’en est suivie était prévisible pour les observateurs. Tout le monde reconnait que la corruption est un mal systémique au Maroc.

Fouad Abdelmoumni secrétaire général de transparency Maroc«La corruption n’est pas un phénomène marginal; elle a été pendant très longtemps inscrite dans l’ADN du système politique marocain. On a délibérément choisi d’encourager les pratiques délictueuses», affirme Fouad Abdelmoumni.

Ceci dit, depuis une quinzaine d’années, le discours a changé! Les pouvoirs publics sont passés du déni, voire la répression de toute démarche de dénonciation, à un discours de bonne volonté. Toutefois, ce dernier n’a pas été accompagné d’un changement suffisamment profond dans la posture de l’Etat pour enrayer l’ancienne dynamique et en inscrire une nouvelle. On peut par exemple relever que la lute contre la corruption figurait parmi les axes principaux de la campagne électorale du PJD. Toutefois, rien de concret n’a été fait par le parti qui a remporté les législatives. Ce n’est qu’en fin 2015 et afin de ne pas continuer à avancer dans le vide que le gouvernement Benkirane a lancé une stratégie de lutte contre la corruption avec dix programmes cadres et plus de 239 projets dans différents secteurs.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la rubrique « Economie» du numéro du mois de Janvier, actuellement en kiosque.

Sanae Raqui

sraqui@sp.ma

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