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Fenêtre ou filiale participative ?

12/2017 • DossierCommentaires fermés sur Fenêtre ou filiale participative ?0

La loi bancaire marocaine a prévu deux modèles pour la commercialisation des produits bancaires participatifs: La banque à part entière et la fenêtre. «Pour le cas marocain, la principale différence entre ces deux modèles est que la fenêtre ne dispose pas d’une existence juridique dans le sens où cette dernière est rattachée à une banque conventionnelle. Evidemment, le régulateur a prévu plusieurs dispositifs pour assurer la ségrégation entre les flux de la fenêtre vis-à-vis de la banque conventionnelle», explique Wail Aaminou, directeur général d’Al Maali Consulting Group. En ce qui concerne la pertinence du choix d’un modèle par rapport à un autre, il dépend, entre autres, du contexte de chaque banque et des objectifs visés par le lancement du projet bancaire participatif. «Cela dit, les deux options ne sont pas exclusives. En fait, au Maroc, une fenêtre ne peut pas dépasser 10% de l’activité de la banque conventionnelle qui la porte. La même restriction s’applique à son réseau d’agences dédiées comparé au réseau de la banque conventionnelle», continue d’expliquer ce dernier. Au-delà de ce seuil, la fenêtre devrait se transformer en banque à part entière.  «Notre business modèle a été choisi après une mure réflexion, appuyée par une étude de marché. Dans le cadre de sa fenêtre Banque Participative, Société Générale Maroc a opté pour la mise en place d’un réseau d’agences dédiées opérant sous une nouvelle marque commerciale», affirme Hounaida Boukhari, directrice de Dar Al Amane la fenêtre participative de la Société Générale. Dans ces agences, Dar Al Amane assurera la commercialisation de services de banque au quotidien et de banque digitale, de produits de placement et d’offres de financement et d’investissement, conformément à la roadmap tracée par Bank Al-Maghrib. Il s’agit d’un modèle hybride entre la filiale indépendante et la fenêtre. Quoi qu’il en soit, les exigences dictées par Bank Al-Maghrib et le Conseil supérieur des oulémas (CSO) ne présentent pas de différences importantes entre la filiale et les fenêtres participatives, ayant les mêmes produits et les mêmes exigences de conformité. Ceci dit, une banque peut très bien, démarrage, opter pour une fenêtre et après quelques années transformer la fenêtre en filiale indépendante. Cette transition a été observée à l’international. Toutefois, les institutions ayant obtenu les agréments nécessaires à l’ouverture des banques participatives, ou au lancement de fenêtres participatives, ont quasiment toutes indiqué que le nombre d’agences spécialisées dans les instruments participatifs seront réduits (une douzaine au maximum), d’où l’importance inévitable qui sera accordée aux canaux technologiques. «La technologie pour ces institutions n’est pas une option, mais une nécessité», affirme Aaminou. Cette accélération digitale fera en sorte que, de par la concurrence, les banques conventionnelles s’y mettront aussi de façon plus agressive. Le tout, encore une fois, à la faveur du client, vu que les canaux technologiques et digitaux sont moins coûteux. On oublie souvent que lancer une banque participative c’est avant tout construire une BANQUE à partir d’une page blanche avec son système d’information, son organisation, son capital humain, son marketing et sa logistique pour ne citer que ces chantiers! Il s’agit de projets très lourds avec une multitude d’interdépendances surtout quand ils s’inscrivent dans le contexte d’une nouvelle activité, avec un cadre réglementaire en cours de finalisation. Dans cette perspective, au-delà de la complexité relative à chacun de ces projets, Aaminou affirme que «la conduite du changement reste à mes yeux le challenge le plus important surtout avec la pression du temps et des attentes très importantes de l’ensemble des parties prenantes».

Par Sanae Raqui

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