L’avenir du Maroc sera africain !

03/2014 • Nawal HoutiCommentaire (0)0

«Le Maroc a choisi le bon timing pour une opération d’une telle envergure qui lui permettra, sans conteste, de peser de tout son poids sur l’échiquier du développement africain, au grand dam de l’Algérie voisine, qui a voulu jouer les trouble-fête le jour même du départ royal !»


En février dernier, c’était le branle-bas de combat de la diplomatie marocaine. Elle s’est démenée sur plusieurs fronts. Le tout a commencé avec la participation du Maroc au 22ème sommet de l’Union africaine (UA) qui, selon Mbarka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères, était plus une présence en filigrane. «Nous ne sommes pas présents en tant que membre de l’Union africaine. Nous sommes là uniquement pour faire des rencontres bilatérales avec les pays frères africains. C’est une occasion de rencontrer plusieurs responsables de pays africains et tisser des liens étroits», a-t-elle déclaré à un confrère. Voilà, le ton est donné au ballet diplomatique de ce mois de février qui vit se succéder les prémisses d’un réchauffement des relations avec l’Iran; la rencontre du Roi Mohammed VI avec Bilal ag Cherif, chef des Azawad; puis le voyage officiel du Souverain, le deuxième en six mois, dans quatre pays africains: le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Gabon. A l’heure où nous mettions sous presse, le Souverain et la délégation officielle qui l’accompagne comprenant entre autres des conseillers du Roi, des ministres et des hommes et femmes d’affaires, étaient encore à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Avec ce voyage, le Roi marquera de son empreinte une page très importante de l’histoire socio-économique et culturelle marocaine qui va ancrer définitivement le pays comme LA locomotive du développement africain, et ce n’est pas un vain mot. En effet, tous les indicateurs donnent l’Afrique comme le continent qui détient un fort potentiel de développement et une croissance économique exponentielle pour ce 21ème siècle. Cela bien sûr en raison du retard économique important enregistré par les pays subsahariens eu égard aux différentes guerres, aux pillages et autres conflits. En dehors de ces pays, l’histoire récente des pays comme la Tunisie, la Libye ou encore l’Egypte, qui ont connu des reculs économiques notoires, offrent aussi beaucoup de possibilités de croissance. C’était d’ailleurs, l’un des axes majeurs des discussions lors de la 3ème édition du forum des entrepreneurs maghrébins organisé à Marrakech le mois dernier. Le but était d’identifier les synergies et les convergences économiques qui existent ou qui peuvent être créées entre ces pays. Malheureusement le pivot algérien constitue un frein à l’impulsion qui peut être donnée à une intégration économique optimale. Bref, revenons au voyage Royal. Le Mali, première étape de ce périple, a réservé un accueil triomphal au Souverain. Il s’est soldé par la signature de quelque 17 conventions de partenariats publique-privés dans les secteurs stratégiques, comme la Banque, l’Assurance, l’Immobilier ou encore les Télécoms. Banque Centrale Populaire, BMCE Bank, Attijariwafa bank, CNIA, Addoha, Alliances et Maroc Telecom,… tous ces champions nationaux ont du pain sur la planche pour s’implanter dans un pays qui se relève petit à petit de ses conflits, et rayonner sur toute l’Afrique. Mais, au-delà de l’aspect purement économique, la formation, la culture, le culte… sont autant de secteurs dont le Maroc peut s’enorgueillir. Aujourd’hui, notre pays est en train de se positionner comme un pays qui dispose d’une expertise et un savoir-faire exportables, lui permettant de se mesurer fièrement à des puissances économiques comme la France et la Chine ou, du moins, se positionner avant leur arrivée massive. Bien évidemment, on ne devrait pas oublier les Etats-Unis qui commencent à lorgner du côté africain, un continent qu’ils ont longtemps ignoré, et qui se présente actuellement comme source de profit! Toutefois, l’intégration économique peut également se faire d’un point de vue culturel et religieux. Et c’est là toute la finesse du Souverain qui, en jouant la carte religieuse, a su surfer sur cette fibre. Il a ainsi offert une formation théologique à 500 imams maliens qui partagent avec le Maroc les valeurs d’un Islam modéré et ouvert, qui protège de la montée de l’intégrisme et du terrorisme. Cette initiative a poussé d’autres pays à lui emboîter le pas en demandant au Maroc de leur prodiguer la même formation notamment la Tunisie, la Guinée ou encore la Libye.

Toujours avec la même dynamique de coopération bilatérale, en Côte d’Ivoire, deuxième étape du Road-show, pas moins de 26 conventions ont été signées entre les hommes d’affaires marocains et les sociétés ivoiriennes dans pratiquement les mêmes secteurs qu’en Mali. C’est dire si grâce à sa stabilité politique et économique, le Maroc a une carte à jouer pour gagner aussi bien des parts de marché dans un continent en développement et dans le radar de toutes les puissances économiques, qu’une adhésion tous azimuts à la question du Sahara. In fine, le Maroc a choisi le bon timing pour une opération d’une telle envergure qui lui permettra, sans conteste, de peser de tout son poids sur l’échiquier de développement africain, au grand dam de l’Algérie voisine, qui a voulu jouer les trouble-fête le jour même du départ royal. Cette tentative avortée, n’a pas réussi à déjouer le Maroc de son objectif premier: celui de la conquête de l’Afrique!

 

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