Le foot et l’économie ne font qu’un !

01/2014 • Nawal Houti, Point de vueCommentaire (0)0

«L’émulation et la mobilisation d’une nation derrière son équipe de football peut réconcilier un peuple avec son pays et lui redonner confiance dans ses capacités !»


Voilà une année qui se termine et une nouvelle qui démarre. Economiquement, politiquement, socialement, culturellement…, sur tous les plans, l’année 2013 n’aura pas été de tout repos, ni pour les politiques ni pour les entrepreneurs ni pour la société civile… Abdelilah Benkirane, notre Chef de gouvernement peut se targuer d’avoir un bilan, certes mitigé, mais, disons-le, pas vraiment négatif, malgré les  quatre mois de flottement qu’a connu le pays en attendant la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale. Sa chance, il la tire de la bonne pluviométrie, si bien que le PIB agricole a cru de 4%. En revanche, la croissance globale (4,4% seulement) et l’inflation (en augmentation de 2,2%) ont quelque peu freiné l’élan économique du pays, additionnés à une conjoncture internationale pas très favorable. Le tout a favorisé une baisse de la consommation des ménages et donc un ralentissement de la croissance. Celle-ci, et pour lutter plus efficacement contre le chômage et la pauvreté, aurait dû se situer aux alentours des 6%. Or aujourd’hui, nous sommes loin de ces chiffres et les perspectives 2014 ne sont pas forcément optimistes. Les grands chantiers des réformes, tels que la Caisse de compensation, le régime des retraites ou encore la fiscalité, sont dans le viseur et attendent toujours que l’équipe aux commandes les prenne à bras le corps. Des prémisses d’action ont toutefois été constatées, notamment en ce qui concerne la décompensation du pétrole, même si la méthode et le timing sont contestables. 2013, c’est aussi la reconstitution de l’équipe gouvernementale, après la démission des ministres de l’Istiqlal qui se sont, de fait, rangés du côté de l’opposition, derrière leur leader Chabat et allant jusqu’à s’opposer à l’adoption de la Loi de Finances 2014! Cette nouvelle équipe a été réduite à un petit noyau du PJD bien quadrillé par des ministres RNIstes disposés à leur faire de l’ombre. Et l’on constate qu’ils y arrivent bien et naturellement puisqu’ils ont récupéré les portefeuilles stratégiques du gouvernement. Finalement les quatre mois de négociation ont apporté leurs fruits et aujourd’hui, Salaheddine Mezouar joue sa carte électorale pour 2016. Cette année aussi, le Maroc a renforcé ses liens économiques et politiques avec la France qui a recouvré sa place de 1er investisseur au Maroc. En effet, François Hollande a été reçu en très grande pompe par le Roi en avril dernier. On a vu dans ce sillage les liens se renforcer pour une coopération militaire soutenue entre les deux pays. Nous nous sommes ainsi retrouvés aux côtés des Français au Mali pour combattre l’AQMI* et aujourd’hui en Centrafrique en tant que pacificateurs entre les différentes composantes religieuses du pays et là où aucun pays européen n’a voulu s’aventurer. Ce nouveau positionnement du Maroc dans l’échiquier international et plus particulièrement africain est un bel exercice diplomatique que le souverain a décidé de suivre de très près notamment pour la question du Sahara.

On l’a donc vu aux Etats-Unis en novembre dernier. Très à l’aise, il a réussi une très jolie opération mediatico-diplomatique, qui a, du coup, donné de la vigueur à la diplomatie marocaine. Mais le clou de l’année qui restera sans doute dans les annales du sport marocain, vous l’avez deviné, c’est bien sûr la réussite du Raja de Casablanca. Il a fait un parcours sans faute et s’est hissé au 2ème rang de la Coupe du monde des clubs champions derrière l’Allemagne et devant le Brésil. Le Maroc, pays hôte de cette manifestation footballistique, a montré qu’il était capable d’organiser une compétition de cette envergure et aujourd’hui, Joseph Blatter, le patron de la FIFA, parle du Mondial 2026 et trouve que le Royaume a toutes ses chances. L’implication du Souverain dans cet événement a réussi à faire oublier la médiocrité de la Fédération du Foot et la honte de l’épisode des élections. Tout le monde connaît l’impact que peut avoir la victoire du foot sur l’économie d’une nation. Souvenez-vous le Mondial 1998 organisé en France et remporté par celle-ci. Suite à cela, la France avait pris tellement d’assurance, qu’elle avait remporté la Coupe d’Europe et l’économie, qui était au ralentie depuis plus de deux ans, s’est vue revigorer et repartir de plus belle comme si elle avait reçu un coup de fouet. Comme quoi l’émulation et la mobilisation d’une nation derrière son équipe de football peut réconcilier un peuple avec son pays et lui redonner confiance dans ses capacités. Espérons que ce soit le cas pour le Maroc et que 2014 soit l’année de l’essor économique après plus de deux années de morosité. Bonne année !

 

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