Le Maroc a le vent en poupe !

07/2013 • Nawal Houti, Point de vueCommentaire (0)0

«Il ne s’agit pas d’énumérer les consécrations et de s’en enorgueillir, mais plutôt d’en mesurer l’impact sur le quotidien des citoyens!»


Le Maroc, première destination des Français! Une Marocaine primée au grand prix Gutenberg du livre! La RAM décroche une convention avec l’ONU! Tanger free zone remporte le prix du meilleur projet logistique international! Le Maroc en vedette sur les Echos! Le Maroc 3ème destination mondiale où il fait bon s’expatrier! Le Maroc élu à la présidence du réseau Arabe des droits de l’Homme! L’aéroport Mohammed V dans le Top 5 africain et N°1 au Maghreb! Une filiale du Groupe Alliances décroche l’«International Construction Awards»! MIFA Group remporte le prix «Best Marketing-Combo Award»! Morocco Mall honoré à Las Vegas! Renault: Une 1ère mondiale pour l’usine de Tanger! Distinction continentale pour Crédit Agricole du Maroc! L’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI) élue par «The European» à Londres, pour l’année 2013, meilleure Agence de promotion des investissements directs étrangers (IDE) de la région MENA. Attijariwafa bank sacrée «Meilleure Banque d’Afrique du Nord», Banque Centrale Populaire, «Meilleure Banque de Détail en Afrique»… et la liste des consécrations tant au niveau macro que microéconomique est encore longue. On y a eu droit tout au long de ces deux derniers mois. Décidément, le Maroc a le vent en poupe! Et c’est d’autant plus enthousiasmant de savoir que notre pays brille de mille feux à l’International dans un tel climat de morosité ambiante. Toutefois, la plus importante consécration n’est-elle pas ce don de 1,25 milliard de dollar qui a été effectivement versé par les Emiratis, en cette fin de mois de juin dans le cadre du partenariat stratégique Maroc-Conseil de Coopération du Golfe. Ce montant, faisant partie d’un fonds de 5 milliards de dollars, est destiné à financer des projets de développement pour l’amélioration des conditions de vie des Marocains. Il ne pouvait tomber plus à pic, vue la baisse de liquidité qui touche de plus en plus notre économie. Le timing est également bien choisi puisque nous entrons de plain-pied dans la phase de forte consommation des ménages. Ainsi, en faisant couler cette huile dans les rouages de la machine économique, cela contribuera sûrement à la remettre en branle. Mais le gouvernement empêtré dans ses guéguerres intestines et le casse-tête de la décompensation, saura-t-il rebondir sur cette manne? Il le faut, car les Marocains ont besoin qu’on les conforte par des actions concrètes et non pas par des effets d’annonce! En effet, il ne s’agit pas d’énumérer les consécrations et de s’en enorgueillir, mais plutôt d’en mesurer l’impact sur le quotidien des citoyens. Prenons par exemple la consécration de l’AMDI à Londres. N’aurait-il pas été plus opportun de décliner cette consécration par des chiffres palpables, à savoir: quel est le montant des investissements étrangers au Maroc, combien d’emplois directs et indirects ont été créés, produira-t-on de nouveaux produits ou services à forte valeur ajoutée, améliorera-t-on la balance commerciale, quelles en sont les retombées fiscales, etc.? On pourrait s’amuser à faire cet exercice pour toutes ces consécrations et ces Awards reçues et d’en évaluer les retombées réelles. Certes, elles font de la Pub pour le Maroc en le faisant monter, à chaque fois, sur le podium, mais est-ce suffisant? Logiquement, et loin de tout discours défaitiste, ces sacres devraient avant tout bénéficier à la croissance économique, mais les plus sceptiques d’entre nous seront-ils rassurés pour autant? Alors pourquoi nos politiques ne profiteraient-ils pas de ce moment de crise mondiale exacerbée, pour utiliser l’ensemble de ces consécrations et relancer d’une nouvelle manière, le débat sur les pôles de compétitivité du Maroc qui renforceront son attractivité, étant donné que nos entreprises et nos institutions sont autant adulées.

Donc, si aujourd’hui nous sommes sacrés meilleurs, demain nous devrions être plus attractifs, encore faut-il que nos gouvernants en mesurent l’impact économique et le priorisent sur le politique! A bon entendeur!

 

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