Adil benani DG toyota

«Le segment affiche une bonne santé»

11/2017 • DossierCommentaires fermés sur «Le segment affiche une bonne santé»0

Adil Bennani, DG de Toyota et président de l’AIVAM, parle de l’activité premium du constructeur automobile, mais aussi de la situation actuelle du marché des voitures de luxe au Maroc.

Comment se porte l’activité de luxe de Toyota au Maroc?
Nous avons la marque Lexus qui n’est toujours pas commercialisée à travers son réseau propre. Ce sont des commandes personnalisées pour notre clientèle. Maintenant pour ce qui concerne les modèles qui dépassent les 400.000, nous proposons le Prado, un modèle de Toyota qui se porte bien sur le marché du premium. Il s’adresse plus à une cible professionnelle plus que privée, notamment les transporteurs touristiques, les administrations ou offices, comme l’OCP, qui utilisent le Prado au niveau des chantiers. Dans ce segment, nous n’avons pratiquement pas de concurrence dans ce segment. Le Grand Land Cruiser qui peut dépasser le 1 million de dirhams, il est destiné spécialement aux clients connaisseurs qui veulent le luxe certainement, mais qui cherchent également à avoir le meilleur franchiseur au monde. Ce modèle écoule entre 50 et 60 véhicules par an au Maroc.

Comment jugez-vous l’évolution du secteur au Maroc?
Aujourd’hui, le segment du premium, dans sa globalité, se porte mieux que le segment du non premium et cela depuis plusieurs années. Tout simplement parce que ce segment concerne une frange de clientèle qui connaît moins les à-coups économiques. En effet, l’ensemble du secteur automobile au Maroc connait une croissance moins importante que l’année dernière. Néanmoins, le segment du premium affiche la même tendance, mais reste supérieur à la croissance du non premium. Cette performance est en effet due à l’abondance de l’offre et l’existence de la disponibilité et la variété des modèles. Ainsi, les clients changent de véhicules tous les trois quatre ans.

Donc la Taxe sur les véhicules de luxe ne dérange pas tellement les clients?
La taxe sur les voitures de luxe a poussé vers un «down-sizing». Elle est répartie par tranche de prix, de 400.000 à 600.000 dirhams, de 600.000 à 800.000, de 800.000 à 1 million et puis au-delà du million de dirhams, et donc respectivement, 5, 10, 15, et 20%. Si le concessionnaire réalise des ventes entre 400.000 et 410.000, ses ventes vont varier du simple au quintuple. C’est-à-dire ceux qui vendaient des véhicules à 415.000 dirhams HT se sont arrangés à baisser les prix à moins de 400.000. Soit ils réduisent les options et restent sur l’entrée de gamme, soit ils grattent sur leurs marges. Ce phénomène réapparait donc à chaque fois qu’on se rapproche de la limite de la fourchette de la taxe. Il y a donc beaucoup de congestion. En gros, l’offre s’est adaptée à la grille. Ce qui explique la baisse des ventes des voitures premium dans la fourchette qui dépasse les 800.000 dirhams. 

L’activité des garagistes indépendants représente-t-elle une vraie menace pour les constructeurs automobiles présents au Maroc?
La nature a horreur du vide. A chaque fois qu’il y a une offre sur le marché c’est qu’elle répond à une vraie demande. Si les importateurs répondaient vraiment aux besoins de leurs clients en termes de prix, options, motorisations, l’essor de l’activité des garagistes serait bien moins important. Ceci à un bémol pré, car il se trouve que ces garagistes exercent tout de même une activité qui est à la limite du légal. Nous les professionnels du marché de l’automobile devons mettre des barrières à l’entrée de notre secteur afin de dissuader la mise en place de ce genre de pratique. Il faut qu’on redéfinisse carrément la notion du véhicule neuf au Maroc.

Existe-t-il une tarification spéciale pour les véhicules propres?
Qui dit véhicule premium, dit motorisation qui consomme plus. Donc, ce sont des véhicules qui, par nature, polluent plus. Le fait d’avoir aujourd’hui des incitations à des technologies moins polluantes dans ce segment se justifiera amplement, en plus de la vignette gratuite pour ce genre de véhicules, établie depuis début 2017. Il faut en fait un signal plus fort de la part des pouvoirs publics qui attirent l’attention des clients premium soucieux de l’environnement.

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