Le travail, un acte de foi !

09/2013 • Nawal Houti, Point de vueCommentaire (0)0

«Nous travaillons en cumulé quelque 6,5 mois par an, au vu de moult raisons, dont les fêtes religieuses, la période des bilans, les vacances d’été, la rentrée scolaire, la fin de l’année et le mois de Ramadan, où l’activité est quasi à l’arrêt !»


D’aucun ne niera que le Maroc passe par une des situations économiques les plus difficiles de cette dernière décennie. C’est dire si la foudre de la crise mondiale, qui a démarré en 2008, nous a touchés de plein fouet en cette année 2013. Et les analystes les plus optimistes parlent d’une sortie de crise pas avant 2015, dans le meilleur des cas. C’est dans ce contexte que le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a présenté son rapport annuel 2012 au Souverain. On peut ainsi y lire que «le taux d’inflation s’est limité à 1,3% en dépit du relèvement des tarifs du carburant, en juin 2012. Concernant le marché du travail, le taux de chômage s’est stabilisé à 9%, malgré une création nette d’emplois quasi nulle». Il est évident que ces chiffres puissent en interpeller plus d’un, notamment le taux de chômage qui n’a convaincu personne. Il n’y a qu’à lire les commentaires des internautes sur les réseaux sociaux, juste après l’annonce de ce taux pour comprendre qu’aujourd’hui plus personne n’est dupe! Une croissance de 2,7%, doublée d’une baisse de la production et d’un déficit de la balance commerciale, ne peut qu’induire une augmentation du chômage et une dégradation du pouvoir d’achat… La situation est donc très alarmante. Mais ce qui perturbe le plus c’est qu’après calcul, on se rend compte que nous travaillons en cumulé quelque 6,5 mois par an, au vu de moult raisons, dont les fêtes religieuses, la période des bilans, les vacances d’été, la rentrée scolaire, la fin de l’année et le mois de Ramadan, où l’activité est quasi à l’arrêt. Pour preuve, certains de nos partenaires étrangers ont intégré dans leur planning qu’il ne faut rien engager avec le Maroc de juillet à septembre! Or chez nos partenaires européens, tous des pays développés, ils sont au ralenti un mois environ par an en comptant le mois d’août et la période de Noël et chez nos amis de l’Oncle Sam, la machine ne s’arrête pas. Comment donc changer cet état de fait au Maroc pour inverser cette tendance, travailler plus et gagner en production et en efficacité?

Malgré les remous actuels, notre stabilité politique dans un contexte régional instable et notre situation géostratégique sont des atouts majeurs qui, selon le magazine américain Forbes, font de nous un pays attirant pour les grands groupes industriels internationaux. Il suffirait de savoir capitaliser dessus pour gagner des points de croissance en travaillant plus !

Le gouverneur de BAM a d’ailleurs bien souligné, lors de la présentation de son rapport annuel au Souverain «la nécessité, particulièrement dans la conjoncture actuelle, que l’ensemble des acteurs se mobilisent pour l’intérêt suprême de la nation». Pour lui, ces atouts «[… ] nécessitent, pour leur préservation et leur renforcement, des avancées économiques tangibles à même de permettre l’amélioration des niveaux de vie d’une population qui s’est mobilisée derrière Sa Majesté le Roi pour la réussite des réformes politiques qu’il a bien voulues pour notre pays».

Cette recommandation ne pouvait tomber plus à pic puisque, durant ce mois de Ramadan, le Roi Mohammed VI, en plus de ses actions sociales, a reçu deux chefs d’Etat en visite officielle. Dans un premier temps, le Roi d’Espagne qui est arrivé pour quatre jours, avec une forte délégation d’hommes d’affaires. Etait-ce un hasard du calendrier ou l’effet de cette visite, toujours est-il que, quelques jours après la visite royale, l’accord de pêche entre le Maroc et l’UE a été signé en dernier round de négociations, tenu à Rabat à la mi-juillet. Le Roi a également reçu le Président sénégalais trois jours durant et plusieurs accords de coopérations ont été signés. Il n’y a donc pas de meilleure illustration, pour dire que même pendant Ramadan, le travail ne devrait pas s’arrêter, il faut juste s’adapter. Et surtout dans ce contexte de forte crise économique, le Maroc ne peut se permettre le luxe de faire d’aussi longues trêves. Le travail efficace devient ainsi une donne importante, le maillon le plus fort dans la chaîne de création de valeur. Il ne serait pas vain de l’intégrer dans le cursus scolaire pour développer des générations de travailleurs, auquel cas le rythme de croissance du Maroc ne s’accélèrera pas! Bonnes vacances !

 

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