hassan-dabchy

Mesdames et Messieurs les ministres

02/2017 • Hassan Dabchy, Point de vueCommentaires fermés sur Mesdames et Messieurs les ministres0

Vous avez accepté de servir les Marocaines et les Marocains. Dans peu de temps, vous retrouverez vos bureaux ministériels, vos voitures de fonction, et tous les autres privilèges que le droit vous accorde. Pendant vos campagnes électorales, vous avez promis, Chef de Gouvernement en tête, un gouvernement qui amènera de réels changements. Vous avez pris l’engagement de développer l’économie, de diminuer la pauvreté et d’aider ceux qui travaillent fort pour le pays. Vous vous êtes engagés à créer des emplois et de la prospérité, à lutter contre l’injustice et la corruption. Lors des élections, les citoyens vous ont envoyé un message clair en refusant d’aller voter en masse. Déçus par les promesses non tenues, les Marocains ont fini par perdre confiance en la politique et ceux qui l’exercent. Pendant la campagne électorale, certains ont offert un spectacle pathétique, celui d’élus qui n’ont pas donné grand chose lors de l’investiture passée et qui continuent malgré tout à s’accrocher à leurs fauteuils. Vos discours, atones et petits, n’ont pas convaincu grand monde, à force de compromissions et de mensonges. La confiance naît du respect des engagements; la défiance, de leurs reniements répétés. L’amour démesuré du pouvoir a effacé les idéaux nobles qui doivent nourrir la politique. Il n’y a plus de sémaphores pour guider les populations en déshérence. Pour regagner la confiance des citoyens, il faut faire montre de fiabilité, de compétence, d’efficacité et surtout d’intégrité. Les peuples pardonnent facilement les erreurs de leurs gouvernants, mais pas leur manque d’intégrité. Les citoyens n’exigent pas de vous que vous soyez parfaits, mais ils s’attendent à ce que vous soyez honnêtes et sincères dans vos efforts pour servir l’intérêt public. Mesdames et Messieurs les ministres, une fois en poste, souvenez-vous que le pouvoir oblige à l’exemplarité. C’est ce qui sera votre principale force de conviction. Rappelez-vous aussi que la politique a besoin de grandeur, parce qu’on ne fait rien de grand sans de grands hommes. Les ministres qui méritent le respect sont ceux qui tirent le peuple vers le haut et non vers le bas. Rassemblez les Marocains autour des grandes idées, des grands projets, avec des résultats concrets, ceux qui redonnent espoir à une population déjà bien désespérée des hommes politiques. Dissipez le brouillard de fatalisme qui couvre notre pays. De nos jours, les avancées technologiques, la rapidité de l’information font que la société va plus vite que le politique. Si vous vous contentez de suivre, vous subirez au lieu d’inspirer et perdrez ainsi l’estime des électeurs. Les Marocains exigent votre imputabilité quant à la réalisation de vos engagements, individuellement et collectivement. Sachez aussi que tout pouvoir, sans frein ni contrepoids, entraîne un appauvrissement intérieur qui empêche de rester vertueux. Le pouvoir vous fera oublier vos faiblesses et finira par cacher vos limites. Soyez rigoureux dans l’exercice de vos fonctions. Etablissez des règles de gouvernance, des codes d’éthique, appliqués à vous – d’abord à vous – et à vos collaborateurs. Observez  les normes les plus élevées en matière d’honnêteté, en vous interdisant les situations de conflit d’intérêt entre l’accomplissement de vos tâches ministérielles et vos affaires privées. N’oubliez pas que vous êtes là pour accroître le bien-être des citoyens, partout, pas seulement à Rabat, Casablanca ou Tanger, mais dans les grands endroits comme dans les petits, près de chez vous et loin de chez vous. Quittez le confort de vos bureaux et allez à la rencontre des Marocains, dans les plaines, les vallées et les montagnes, là où vivent ceux qui n’ont pas de voix pour se faire entendre. Si ces recoins et ces gens ne signifient rien pour vous, alors, rien n’aura de sens pour vous nulle part ailleurs, et vous chercherez le progrès en vain, sans jamais l’atteindre. Les sentiments de trahison et d’incompétence se développent dans le pays, la confiance du citoyen dans le politique se meurt. En vérité, ce n’est pas tellement d’un nouveau gouvernement dont nous avons besoin, qui d’ailleurs n’est pas tout à fait nouveau, mais d’un nouveau récit, d’un nouveau vocabulaire politique, en somme, d’une nouvelle philosophie de l’action publique, celle qui améliorera les perspectives et la sécurité économiques des Marocaines et des Marocains.

Hassan Dabchy

hd.conseil@yahoo.fr

Les commentaires sont fermés