GHASSAN W. EL KARMOUNI

Refuznik

06/2017 • Enquetes, Ghassan W. El Karmouni, Point de vueCommentaires fermés sur Refuznik0

Le Maroc a développé, ces dernières années, une position très critique vis-à-vis des rapports internationaux et surtout ceux qui le classent mal ou qui s’inscrivent dans la critique de ses «acquis». Si cette démarche concernait dans le passé avant tout les rapports en lien avec les droits humains, celle-ci s’est élargie à d’autres domaines comme le développement humain et, on le voit aujourd’hui, au modèle de croissance. C’est la première fois que l’on voit une levée de boucliers contre un rapport de la Banque mondiale, notamment dans les milieux mainstream. L’avant dernier mémorandum pays publié par l’institution n’avait-t-il pas constitué la base de l’analyse du défunt roi Hassan II pour déclarer le Maroc «au bord de la crise cardiaque»? Une position qui a permis d’accélérer les chantiers de réformes économiques et institutionnelles. Cette fébrilité devant les rapports critiques est certes le signe d’une plus grande confiance dans les chantiers de modernisation du pays. Mais elle est aussi symptomatique d’un certain dogmatisme qui rejette la critique dès qu’elle est jugée «non constructive». Un refus du débat public qui monte de plus en plus, que ce soit vis-à-vis de la presse indépendante ou des organisations internationales ou encore envers certaines voix politiques discordantes. Or, c’est la différence d’opinions qui permet de faire avancer le débat et non des éléments de langage distillés d’en haut et qui ne font que dégager des compromis mous, ravageurs sur le temps long, et qui, de plus, éloignent les gens de l’intérêt pour la chose publique.

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