Corruption

Une lutte sans merci

04/2018 • EconomieCommentaires fermés sur Une lutte sans merci0

En activant le dernier axe de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, Saâdeddine El Othmani déclare à nouveau une guerre ouverte à la corruption et confirme la détermination de l’Exécutif à lutter contre ce fléau endémique.

«La corruption fait perdre à notre pays jusqu’à 7 points de PIB». Ces propos sont ceux de Saâdeddine El Othmani et ils ont été prononcés le 9 mars 2018, au cours de la cérémonie de remise des diplômes des premiers lauréats du Master «Détection et prévention des délits financiers» de la faculté des sciences économiques de l’université Hassan II Ain Chock Casablanca. L’occasion pour le chef de l’Exécutif de déclarer à nouveau une guerre ouverte à la corruption. Plus déterminé que jamais, El Othmani reconnaît le rôle clé des compétences et expertises dans la détection et l’éradication de la corruption endémique et le trafic actif d’influence dont souffre le pays.
Dans l’entourage proche du Chef du gouvernement, le changement de ton est perceptible. Au moins depuis la déclaration d’El Othmani lors du conseil de gouvernement du 22 février, révélant l’implication d’une dizaine de responsables dans des affaires de détournement de fonds et de corruption, qui d’ailleurs en a surpris plus d’un. D’autres suspects sont susceptibles de rejoindre le banc des accusés, compte tenu des 13.000 cas dénoncés en 2017 et dont le nombre progresse considérablement depuis la mise en place en 2015 du numéro vert de lutte contre la corruption.
Pour autant, le gouvernement ne s’accorde pas d’auto-satisfecit. «Le Maroc a certes réalisé des progrès notables en ce sens, mais nous ne pouvons nous déclarer satisfaits», indique le Chef du gouvernement. En cela, son constat rejoint celui de l’ONG Transparency qui, dans son rapport 2017, place le royaume à la 81e position, au même niveau que le Ghana, la Turquie ou encore l’Inde, mais loin derrière la Tunisie (74e) ou la Jordanie (57e).
Malgré tout, l’indice de perception du Maroc marque un saut notable et décroche le score de 40/100 (versus 36/100 en 2016), soit neuf places raflées en un an. Néanmoins, ce fléau demeure globalement un problème de taille, qui affecte la réputation et le Doing business du Maroc dans une région troublée.

Ayoub Ibnoulfassih
aibnoulfassih@sp.ma

Retrouver l’intégralité de l’article dans la rubrique « Economie » du moi d’Avril 2018

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